CHÔMAGE : Le système français est-il trop clément?

EMPLOI : Le système français d’indemnisation au chômage est-il trop clément?

EMPLOI : Le système français d’indemnisation au chômage est-il trop clément? – A en croire le gouvernement et plus particulièrement François Hollande, Manuels Valls ou même Emmanuel Macron, les allocations chômage seraient trop élevées et versées sur une période trop longues. Elles dissuaderaient ainsi grand nombre de chômeurs de chercher du travail. La France serait-elle trop généreuse quand à son système d’allocations chômage ? Qu’en est-il du système mis en place par ses voisins européens ? Le point par Michaël Mahiddini.

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Un système d’allocation au chômage moins favorable pour inverser la courbe du chômage

Le système des allocations chômage semble être trop favorable, d’après le gouvernement. Beaucoup de chômeurs semblent profiter des allocations et remettre à plus tard leur recherche d’emploi. Les versements s’étalant de surcroît sur de grandes périodes. Ainsi, explique Michaël Mahiddini, la volonté du gouvernement à baisser les allocations et réduire les périodes de droit, sembleraient avoir comme principal objectif de placer les demandeurs d’emploi dans l’urgence et les pousser à retrouver rapidement un travail en acceptant des postes qu’ils refusaient jusqu’alors. Le gouvernement semble donc décidé à changer les règles et laisse la décision aux partenaires sociaux, qui seraient chargés de négocier une nouvelle convention d’assurance-chômage, en avançant un argument de choix : le système français d’indemnisation au chômage serait plus généreux que ses voisins européens.

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Une allocation au chômage qui ne décroit pas et ce, sur toute la période d’indemnisation

En témoigne l’Unédic, qui gère l’assurance-chômage, et qui a comparé au printemps 2015 chaque modèle national d’indemnisation au chômage et ce, dans la quasi-totalité des 13 Etats de l’Union européenne. Cette étude, explique Michaël Mahiddini, est à prendre avec précaution car ces modèles s’appuient sur des mécanismes complexes et variés. En effet, le montant des revenus moyens des citoyens du pays en question servant de référence pour le montant de l’allocation peut avoir un impact sur la formule de calcul et sur les délais du droit à l ‘indemnisation chômage, précise Michaël Mahiddini. Ainsi, et dans la plupart des Etats européens, et à l’image de la France, les allocations, financées par des cotisations, sont reversées proportionnellement au revenu que l’on touchait avant de perdre son poste. Le Royaume-Uni et l’Irlande sont les seuls à accorder une indemnisation unique.

Comme l’explique Michaël Mahiddini, le taux de remplacement peut être matière à comparaison. Ainsi, le taux de remplacement en France n’excède pas les 75% de la part de l’ancien revenu du demandeur d’emploi. Un taux de remplacement qui place l’Hexagone devant la Norvège, le Portugal, la Belgique, l’Allemagne et l’Espagne

Pour comparer l’Hexagone à ses voisins, on peut s’intéresser au taux de remplacement, la part de l’ancien revenu compensée par les allocations. Il ne peut dépasser 75% en France, ce qui place le pays devant la Norvège avec 62,4%, le Portugal avec 65%, la Belgique avec 65%, l’Allemagne avec 67% et l’Espagne avec 70%, mais loin derrière le Danemark avec 90%, le Luxembourg avec 85%, la Suède avec 80% ou la Suisse avec 80%.

Concernant le taux de remboursement, la France se situe donc dans une moyenne haute par rapport à ses voisins européens. Toutefois, souligne Michaël Mahiddini, d’autres critères de taille ne doivent pas être mis de côté. En effet, contrairement à la France, six pays sur quinze (tels que la Belgique, le Portugal, l’Espagne, les Pays-Bas, l’Italie et la Suède) pratiquent une dégressivité de l’indemnisation. Ainsi, explique Michaël Mahiddini, aux Pays-Bas, le taux de remplacement passe de 75 à 70% après deux mois sans emploi. En Espagne, il chute de 70 à 50% à six mois. Rien de tel en France, comme au Luxembourg, en Suisse ou en Allemagne. A la fin de la période d’indemnisation, la France devient donc le quatrième pays où le taux de remplacement est le plus généreux.

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Un plafond du salaire de référence maximal et une longue période d’indemnisation

Autre critère important sur lequel le système français peut sembler plus avantageux, explique Michaël Mahiddini : le plafond du salaire de référence pris en compte pour calculer le montant de l’allocation. En effet, en France le plafond du salaire de référence maximal est fixé à 12 516 euros par mois, un record parmi ses quatorze voisins. Cependant, précise Michaël Mahiddini, cette spécificité n’avantage que les salariés qui disposaient de très hauts revenus avant de se retrouver au chômage.

Par ailleurs, poursuit Michaël Mahiddini, la durée maximale d’indemnisation en France est de 36 mois. Cependant, les plus de 50 ans sont les seuls à pouvoir bénéficier de cette indemnité de trois ans. Tous les demandeurs d’emploi sont couverts pour un délai maximum de 24 mois, ce qui tire à nouveau la France vers la moyenne.

En France, la situation familiale n’influe pas sur le montant des indemnités

En effet, explique Michaël Mahiddini, là où le système français semble faire défaut par rapport à ses voisins européens, est qu’il ne prendre pas en compte la situation familiale des chômeurs. Contrairement à l’Allemagne, au Portugal, au Luxembourg, en Suisse, en Finlande ou en Belgique, où l’allocation est majorée pour les demandeurs d’emploi avec une personne ou un enfant à charge.

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