BOURSE : Le Bilan de 2015 par Michaël Mahiddini

BOURSE : Le Bilan de 2015 par Michaël Mahiddini

En cette rentrée 2016, Michaël Mahiddini fait le point sur la bourse. Voici notre Bilan de 2015 pour le secteur boursier.

  • Une année difficile à suivre pour les investisseurs

L’année 2015 a été tumultueuse pour les marchés actions de la planète. Fait peu banal, les Bourses européennes ont davantage progressé que les places américaines et émergentes. En France, le CAC40 a ainsi gagné 8,5 %, mais comme l’explique Michaël Mahiddini, cette bonne performance générale cache des évolutions très contrastées entre les secteurs.

En effet, entre le retour des craintes sur la Grèce, la chute sans fin du cours des matières premières, les décisions divergentes des banques centrales et un début de panique boursière en Chine, l’année 2015 a été compliquée à suivre pour les investisseurs en actions, nous explique Michaël Mahiddini. Malgré les secousses, ce sont les marchés européens qui s’en sortent le mieux, battant les indices américains et même bon nombre de places émergentes, principalement grâce aux rachats massifs de la banque centrale européenne (BCE).

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  • Les TOPS de la bourse française.

Avec une progression de 8,53%, à 4.637 points, l’indice CAC40 se voit bien terminer l’année 2015 par rapport à 2014 où il avait enregistré un recul de 0,54 %. Sur les 40 actions composant le principal indice français, au 31 décembre 2015, seules neuf valeurs affichent un bilan négatif.

La grande majorité des valeurs du CAC 40 ont, comme l’explique Michaël Mahiddini, terminé l’année en beauté, et quelques uns se sont même distingués. Alors qu’il a retrouvé le CAC40 en début d’année après 2 ans d’absence, Peugeot a pris la tête du palmarès parisien avec un résultat de + 59%. Juste derrière, Renault talonnne son concurrent avec une progression de 54%, malgré la crise en Russie et au Brésil. Airbus, le constructeur aéronautique a brillé cette année avec ces + 50 %, grâce à un carnet de commandes record qui lui permet de battre largement l’américain Boeing. Plus surprenant, l’action Veolia Environnement a bondi de 48% depuis le 1er janvier, les investisseurs saluant le désendettement et la bonne orientation stratégique du groupe spécialisé dans le traitement de l’eau et des déchets.

shutterstock_82040419D’autre part, Michaël Mahiddini met en exergue un secteur qui a  largement profité des premiers signes de reprise économique dans la zone euro : il s’agit du secteur de l’automobile, dont les ventes et les marges ont nettement augmenté en 2015, après plusieurs années très difficiles. De manière générale, la politique très accommodante de la BCE renforce la baisse de l’euro face au dollar, ce qui profite aux entreprises exportatrices comme celles de la filière automobile mais aussi aéronautique. Les valeurs technologiques ont aussi globalement passé une bonne année, même si les introductions en Bourse de start-up se sont déroulées plus difficilement que prévu au dernier trimestre.

Enfin, explique Michaël Mahiddini, les investisseurs ayant choisi de placer leur argent dans les PME ont été davantage récompensés que les actionnaires des champions du CAC40, comme en témoigne la progression de 27% du CAC Small, l’indice des petites capitalisations de la Bourse de Paris. La plus forte hausse revient à Amoeba, une PME qui assainit l’eau à l’aide d’un micro-organisme, dont l’action a bondi de 285% depuis son introduction en Bourse en juillet . Le fabricant de camping-cars Trigano a gagné 152% en 2015, tandis que le chimiste PCAS s’est envolé de 113%. Excellente année aussi pour les fabricants de robots, ECA, et de drones, Parrot, qui ont tous les deux gagné plus de 70% en Bourse en 2015. Enfin, les biotechs ont fortement progressé comme Sartorius Stedim (+119%) et Innate Pharma (+71%), ainsi que les sociétés de jeu vidéo Ubisoft (+76%) et Gameloft (+81%).

PALMARES 2015 DU SBF 120

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  • Les FLOPS de la bourse française.

Si les investisseurs des PME ont été fort gagnants pour la plupart, certains en revanche, ont eu quelques sueurs froides tout au long de l’année. C’est le cas notamment du réseau social professionnel Viadeo (-66%), des groupes parapétroliers Vallourec et Maurel et Prom (-62%), de la compagnie minière Eramet (-61%) ou encore d’Euro Disney (-56%).

Michaël Mahiddini poursuit son bilan des flops de l’année 2014 avec le sidérurgiste ArcelorMittal, à la fois pénalisé par la chute des matières premières (qu’il extrait) et le ralentissement de l’économie chinoise, 1er consommateur mondial d’acier, qui aggrave son cas avec une chute impressionnante de 57 % en 2015. Michaël Mahiddini nous rappelle qu’en 2014, ce dernier avait déjà chuté de 30 %. Autre grand perdant de l’année, c’est EDF dont l’action a chuté de plus de 40%. L’opérateur de la Bourse de Paris a même décidé sa sortie du CAC 40, au profit de Klépierre, spécialisé dans l’immobilier commercial. La fusion de Lafarge avec Holcim n’a pas du tout profité au cimentier français, qui a perdu 36% de sa valeur en 2015. De même, GDF-Suez, devenu Engie a cédé 16% depuis le début de l’année.

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Les secteurs qui comptent le plus flops sont donc sans conteste l’industrie et l’énergie. Michaël Mahiddini explique que les groupes industriels ont été lourdement affectés par le ralentissement de la croissance chinoise et la surproduction de nombreuses matières premières, comme l’acier. Un tout aussi mauvais sort a été réservé aux compagnies pétrolières et parapétrolières, qui n’en finissent pas d’être victimes de la chute des cours du baril, maintenant divisés par 2 depuis 1 an.

Selon Michaël Mahiddini, la baisse des cours du pétrole qui a perduré tout au long de l’année 2015, a entraîné la chute des cours de bourse et également de la valeur boursière. Certains groupes diversifiés depuis l’exploration, la production (gaz et pétrole) jusqu’au raffinage et à la distribution parviennent à limiter la baisse du cours comme Total dont les actions ont perdu 4 % sur le dernier mois par contre d’autres acteurs voient leurs cours plonger à l’instar de BP dont le titre a perdu 22 % sur les quatre derniers mois ou bien Royal Dutch Shell qui a perdu 18 % sur la même période.

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  • Et à l’Etranger?

 La bourse européenne

Dans le reste de l’Europe, Francfort a battu Paris avec une hausse du DAX de 9,5% – à relativiser toutefois car les dividendes sont compris dans le calcul de l’indice. La Bourse championne d’Europe est l’Italie avec un gain de 13% en 2015, grâce au retour des investisseurs étrangers. A l’inverse, le Royaume-Uni (-5%), l’Espagne (-7%) et surtout la Grèce (-26%) ont accusé les moins bonnes performances boursières de la région.

Etats-Unis, Chine, Japon et Pays émergents : une année très mitigée.

Outre-Atlantique, l’année boursière aura été marquée par l’arrêt de la hausse des marchés américains après 6 années de gains d’affilée. Au 30 décembre, le Dow Jones cédait 1,28% tandis que l’indice S&P 500 ne grappillait que 0,25%. Seul l’indice des valeurs technologiques, le Nasdaq a gagné 7%, grâce aux performances impressionnantes des géants du net : Facebook, Amazon, Netflix et Google. En 2015, le Nasdaq a même battu son record de 2000, au moment de la bulle internet.

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Au niveau global, les performances sont plus contrastées, mais les marchés émergents sont les grands perdants de cette année, à l’image de la chute de 13% de la Bourse brésilienne, de 14% à Singapour ou encore de 15% à Istanbul. Si la place de Shanghai termine sur un gain de 9%, la Bourse chinoise a évité le pire cette année, après la tempête subie pendant l’été. En trois semaines, la Bourse de Shanghai avait perdu 30% avant de rebondir grâce aux multiples interventions de l’Etat chinois. L’indice de Hong-Kong, lui, a fini l’année dans le rouge.

Enfin, la Bourse japonaise a progressé de 9% en 2015, dopée par les rachats massifs de la banque centrale japonaise pour faire repartir l’inflation et l’économie dans l’archipel.

  • Taux de la FED : Petite hausse, grande conséquence

Si les Etats-Unis réussissent à limiter la casse et la Chine évite le pire, c’est aussi – peut-être – grâce à la décision prise par la Réserve fédérale américaine qui augmente ses taux, explique Michaël Mahiddini.

En effet, le 17 décembre 2015 et pour la première fois depuis près de 10 ans, Janet Yellen, la présidente de la FED, annonce que le taux d’intérêt directeur de la Réserve fédérale américaine (Fed) a été relevé d’un quart de point. Il était proche de zéro depuis le début de la crise financière en 2008. Saluée par les marchés, cette décision a un impact sur les taux d’intérêts, de changes, mais également des répercussions sur le portefeuille du consommateur américain.

Janet Yellen, vice chairman of the U.S. Federal Reserve, speaks at a macro policy discussion during the International Monetary Fund (IMF) and World Bank Group Spring Meetings in Washington, D.C., U.S., on Tuesday, April 16, 2013. The IMF cut its global growth forecast and urged European policy makers to use "aggressive" monetary policy as a second year of contraction leaves the euro area's recovery lagging behind the rest of the world. Photographer: Andrew Harrer/Bloomberg via Getty Images
Janet Yellen, présidente du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale des États-Unis (© AFP)

Avec une hausse minime de 0,25%, l’effet réel sur le coût de l’argent reste pour l’instant marginal, mais, comme le souligne Michaël Mahiddini, a déjà un impact pour les épargnants et aussi pour le secteur boursier qui a su anticiper.

En effet, nous explique Michaël Mahiddini, les places financières ont salué la décision historique de la Fed. Vers 11h (GMT) le jeudi 17 décembre 2015, le CAC 40 à Paris bondissait de 2,50%, le Dax à Francfort de 2,88% et le FTSE à Londres de 2,24%. En Asie, Tokyo a évolué sur la même note, l’indice Nikkei affichant en clôture un gain de 1,6% après avoir déjà fortement augmenté la veille par anticipation. Les places de Shanghai et Hong Kong finissaient également dans le vert, terminant respectivement sur un bond de 1,81% et de 0,79%.

 

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