MAHIDDINI Michael – Assurance emprunteur le changement c’est maintenant…..

Il est possible depuis fin juillet 2014 de changer de contrat d’assurance-emprunteur pendant un an après la signature de son prêt immobilier.

Le marché devrait démarrer réellement cet automne. Ce n’est que le début.

Alors qu’il est possible depuis fin juillet 2014 de changer de contrat d’assurance-emprunteur pendant un an après la signature de son prêt immobilier, la loi Hamon n’a pas encore donné ses pleins effets.

Mais chez Meilleurtaux.com, les demandes découlant de cette disposition ont tout de même représenté 17 % du total des demandes d’assurances déléguées (celles souscrites à l’extérieur de la banque) entre le 1 er septembre 2014 et le 30 juin dernier.

A la Maif, on dit aussi avoir reçu depuis quelques mois un peu plus de demandes liées à la loi Hamon.

Un certain nombre d’emprunteurs ont dû prendre conscience qu’ils avaient la faculté de changer d’assurance, explique-t-on chez l’assureur mutualiste.

Le marché est en fait dans l’attente du vrai démarrage du dispositif, prévu cet automne.

Pour changer d’assureur, les emprunteurs doivent en effet fournir à l’établissement prêteur un contrat d’assurance présentant des niveaux de garantie équivalents au contrat présenté au moment de la souscription.

Mais « aujourd’hui, il est difficile pour un particulier d’argumenter sur l’équivalence de garanties », estime-t-on à la Maif.

Foire d’empoigne depuis le 1 er mai, les banques ne peuvent certes arguer d’un refus d’équivalence qu’en se référant à la liste de garanties définie début 2015 par le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), après des débats longs et difficiles entre les différentes parties prenantes (prêteurs, assureurs, courtiers, consommateurs).

Mais le dispositif deviendra plus lisible pour le consommateur à partir du 1 er octobre : les banques devront alors fournir aux personnes sollicitant un crédit une fiche d’information standardisée sur l’assurance, avec écrites noir sur blanc les garanties qui devront être comparées (lire ci-dessus).

Assureurs et courtiers en crédit fondent évidemment beaucoup d’espoirs sur ces obligations nouvelles.

Nous attendons de voir si le marché va vraiment se libéraliser, souligne Olivier Sanson, le directeur général de l’assureur Afi Esca.

Pour l’heure, le marché est toujours tenu par les groupes bancaires. Selon nos informations, le taux de délégation n’était toujours que de 15,7 % à fin 2014.

Tous les acteurs fourbissent désormais leurs armes. La Maif, par exemple, explique avoir déjà mis à jour son contrat d’assurance emprunteur afin qu’il soit adapté à quasiment toutes les exigences des banques.

Et c’est une belle foire d’empoigne qui s’annonce. Car les banques n’ont évidemment aucune intention de céder du terrain sur un marché aux marges intéressantes.

Elles ont l’avantage de pouvoir jouer sur les deux tableaux, puisqu’elles proposent également leurs propres offres d’assurance alternatives.

Pour l’heure, tous les opérateurs font état d’une activité dynamique en assurance-emprunteur. Mais c’est surtout la forte production de crédits immobiliers, tirés par les taux bas, qui anime le marché.

Laurent Thévenin