Revenu universel : un point phare sur les programmes des prochaines présidentielles?

Revenu universel : un point phare sur les programmes des prochaines présidentielles?

Un rapport du Conseil national du numérique vient de préconiser au gouvernement d’instaurer un revenu universel en France. Débat qui faisait déjà grand bruit dans les cercles intellectuels, le voilà projeter sur la scène publique. L’idée d’un revenu universel n’est pas nouvelle, mais, depuis le 6 janvier dernier, l’ancien président du Conseil National Numérique qui a remis à la ministre du Travail un rapport intitulé « Travail, emploi, numérique : les nouvelles trajectoires. » relance le débat concernant la mise en place d’un revenu universel, c’est-à-dire d’un même revenu pour tous les citoyens et ce, sans conditions. En quoi consiste t-il ? Qui défend une telle démarche ? Comment la mettre en place ? Comment la financer ? Réponses de Michaël Mahiddini.

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Qu’est-ce que le revenu universel ?

L’idée d’un revenu universel existe sous plusieurs appellations, en effet, qu’il s’agisse d’un revenu dit de base, d’un revenu inconditionnel, d’un revenu d’existence, d’une allocation universelle… ils ont tous pour unique objectif la distribution d’un revenu de manière inconditionnelle à l’ensemble des citoyens, chômeurs involontaires, travailleurs à temps plein ou à temps partiel et cumulable avec d’autres revenus. Cette idée, explique Michaël Mahiddini est défendue par des personnalités de diverses horizons. Il ne s’agit pas là d’un « salaire à vie » mais bien d’un revenu qui permettrait de distribuer la même somme à chacun tout en laissant persister le modèle économique.

La force de ce revenu universel tiendrait en sa simplicité : le salaire dépendra alors de l’âge du citoyen, et permettrait de remplacer un grand nombre des prestations sociales actuelles.

Comme l’explique Michaël Mahiddini, la réflexion autour du revenu universel s’accelère parce que le numérique bouleverse le monde et le droit du travail. En effet, nous assistons à une « ubérisation de l’économie » où l’économie dite collaborative favorise le travail au noir, poursuit Michaël Mahiddini. Les citoyens Français tentent de trouver des solutions à un système social et fiscal qui les prennent à la gorge. Le marché du travail connaît à l’heure actuelle une révolution, l’automatisation des tâches, la disparition progressive des qualifications intermédiaires et la hausse non négligeable d’emplois ou trop ou peu qualifiés, poussent les français à se reconvertir et chercher plusieurs emplois.

Selon Michaël Mahiddini, dans un contexte où le chômage de masse persiste voire ne fait que croître, où la pauvreté augmente, où le système de protection sociale creuse chaque jour un peu plus son trou avec ses aides aussi variées que complexes (Allocations familiales, RSA, ARS, PAJE, allocations parents isolés, allocations vieillesse des parents au foyer, allocations d’adoption, etc…), l’idée d’un revenu universel paraît être la bonne solution.

Un peu d’Histoire

Comme nous le disions plus tôt, l’idée d’un revenu universel n’est pas nouvelle. Le concept d’un revenu de base est très ancien. Au XVIème siècle d’abord grâce à Thomas More, l’auteur d’Utopia (1516), dont la réflexion inspira Thomas Plaine, instigateur du salaire minimum de vie (SMIV), qui dans son livre Agrarian Justice (1796) évoque l’idée d’une donation inconditionnelle pour toute personne accédant à l’âge adulte et d’une pension de retraite inconditionnelle à partir de 50 ans, car, comme il l’explique :

« les hommes n’ont pas créé la Terre. C’est la valeur des améliorations uniquement, et non la Terre elle-même, qui doit être la propriété individuelle. Chaque propriétaire doit payer à la communauté un loyer pour le terrain qu’il détient.”

Aujourd’hui le débat continue de plus belle, souligne Michaël Mahiddini, ainsi, le jeudi 4 février 2016, le Think Tank liberal Générations libres organisait un colloque sur Paris pour étendre le débat à l’époque contemporaine. L’objectif étant clairement de faire du revenue universel un theme de campagne pour la prochaine présidentielle.

La question est donc nettement étudiée et pas qu’en France, en effet poursuit Michaël Mahiddini, l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique, la Suisse, le Japon l’ont déjà abordée ou l’aborde en ce moment. Aussi, en Finlande, le gouvernement a prévu une mise en place du revenu universel pour 2017.

En effet, le revenu universel pourrait répondre en partie à plusieurs changements constatés dans la société et notamment, celui du rétrécissement du champ du salariat, en ceci qu’il existe de plus en plus de travailleurs pluriactifs, ou encore d’activités non rémunérées. Or, précise Michaël Mahiddini, dès qu’on sort de ses diverses activités non salariées, on est d’une part moins couverts socialement, et d’autres part on perd argent et droits sociaux. Ces activités marchandes, commerciales, libérales… sont pourtant bien utiles à la société. Ce revenu universel permettrait donc, souligne Michaël Mahiddini, de remettre le système sur un plan d’égalité sociale en basant les droits sociaux sur le plan individuel et non sur le statut professionnel.

 

Comment le financer ? 

Les différents montants proposés par le rapport du Conseil National du Numérique vont d’un revenu mensuel de base permettant de se débarrasser du souci de survie équivalent à un RSA légèrement rehaussé, soit 524,16 € à un montant équivalent au Smic soit de 1466, 62 euros.

Pour ce faire, tout les défenseurs du concept mettent à contribution trois sources de financement : les impôts, le redéploiement des aides sociales et l’allègement du coût de la gestion administrative du système. La mise en place du revenu universel impliquerait donc de revoir tout le système fiscal et de protection sociale. Il s’agirait là pour le gouvernement, de prendre une décision majeure, qui ne pourrait être prise qu’après une élection. Le rapport établit par le Conseil National du Numérique ne suffira pas pour sa mise en place, explique Benoît Thieulin, son ex-président. Car, explique t-il, le sujet n’est pas suffisamment instruit. Les politiques devront mettre à contribution des économistes, des statisticiens, des juristes, etc… Il s’agit là d’un enjeu de taille qui pourrait changer la vie de tous.

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© Michaël Mahiddini

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